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William San

Chou’s Spine à « La Vie en Rose » : le syndrome du cœur brisé exposé à Paris

Par William San, le

Chou’s Spine, Medsan : une jeune femme de dos, la chevelure couronnée de roses rouges, dont la cage thoracique et la colonne apparaissent à travers une robe blanche, entourée de roses et de rubans rouges.

Le samedi 26 septembre 2026, une de mes toiles Medsan était accrochée à Paris, à l’Hôtel de l’Industrie, place Saint-Germain-des-Prés. Chou’s Spine avait été sélectionnée pour « La Vie en Rose », une exposition d’art contemporain organisée par Art Paris Project. Elle parle du syndrome du cœur brisé. C’est un tirage numéroté, présenté dans une caisse américaine.

Art Paris Project se présente comme un club d’art : il monte des défilés, des expositions et des événements qui mêlent l’art et la mode. « La Vie en Rose » suivait ce principe. Il y avait l’exposition pendant la journée, puis les défilés, puis un bal masqué le soir.

Le lieu compte pour beaucoup. L’Hôtel de l’Industrie, au 4 place Saint-Germain-des-Prés, n’a rien d’un hôtel où l’on dort : c’est un hôtel particulier, le siège de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale. C’est devant les membres de cette société que Louis et Auguste Lumière ont projeté, le 22 mars 1895, La Sortie de l’usine Lumière, l’un des tout premiers films. J’en ai parlé dans un reel avant l’exposition, et sous la publication de l’organisateur je n’ai écrit qu’une chose : très heureux d’avoir pu exposer.

Ce que montre Chou’s Spine

Une jeune femme est vue de dos, la chevelure couronnée de roses rouges. À travers sa robe blanche, on voit sa cage thoracique et sa colonne. Des roses poussent entre ses côtes, comme les fleurs qu’on n’a jamais pu lui offrir, et des rubans rouges s’enroulent autour d’elle. Pour une exposition qui s’appelait « La Vie en Rose », une toile couverte de roses tombait juste.

Dans Medsan, elle appartient à une famille de cinq colonnes vertébrales, avec Ayame’s Spine, Sumi Spine, Bonsai Vertebra et Carpal Spine. Chacune raconte une maladie, et celle-ci raconte un cœur.

Détail de Chou’s Spine : la colonne et les côtes à travers la robe blanche, des roses rouges et des fleurs blanches entre les côtes, un ruban rouge.
Chou’s Spine, détail : des roses à la place du cœur.

Le syndrome du cœur brisé existe vraiment

On ne voit pas le cœur sur la toile. À sa place, entre les côtes, il y a des roses. C’est là que se cache le sujet.

Le syndrome du cœur brisé n’est pas une image : c’est une maladie que les cardiologues appellent la cardiomyopathie de takotsubo. Après un choc émotionnel violent, un deuil par exemple, le cœur se déforme d’un coup. Les symptômes ressemblent à ceux d’un infarctus, sans qu’aucune artère soit bouchée. Elle a été décrite au Japon en 1990, et son nom vient de là. En se déformant, le ventricule gauche prend la forme du takotsubo, le pot que les pêcheurs japonais descendent au fond de l’eau pour attraper les poulpes : large à la base, étroit au col. Elle touche surtout des femmes, et dans la plupart des cas le cœur retrouve sa forme.

Une vérité médicale, un nom japonais, une image qu’on peut accrocher chez soi : c’est ce que je cherche avec Medsan.

Un tirage, et ce que veut dire caisse américaine

Ce qui était accroché à Paris n’est pas un original, c’est-à-dire une pièce unique. Chou’s Spine est un tirage : une édition signée et numérotée à la main, limitée à 20 exemplaires par format. Celui de « La Vie en Rose » était monté dans une caisse américaine : un cadre en bois dans lequel la toile tendue est posée en retrait, avec un léger jour tout autour et sans vitre devant. La toile semble flotter dans son cadre, et on peut l’accrocher telle quelle.

Chou’s Spine est en vente sur med-san.art, avec ou sans caisse américaine selon le format.

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