Je donne une ombre aux images du Japon.
Popsan
La lumière dans l’ombre du visage
Sous la signature Popsan, William San peint à l’huile sur toile des femmes japonaises qui sortent du noir. L’estampe répartit la lumière partout ; lui n’en garde qu’une source, comme Caravage ou Georges de La Tour, et la place dans le tableau : une lanterne de papier, une lune au creux des mains, une pivoine, un coquillage porté à l’oreille. Tout le reste est rendu à la nuit, et le visage n’apparaît que là où cette lumière le touche.
Clair-obscur
Nuits
Après les femmes à la lanterne, William San a cherché où se tient la lumière dans le Japon d’aujourd’hui. Il l’a trouvée dans la nuit des villes : la vitrine d’un konbini restée allumée sous la pluie, les néons d’un quai à l’heure du dernier train. Tanizaki l’écrivait en 1933 dans Éloge de l’ombre : la beauté japonaise vit dans la pénombre. Les lanternes ont changé ; William San peint la même ombre.
Kintsugi
La lumière dans la fissure
Au Japon, quand un bol se brise, on ne cache pas la cassure : on la reprend à la laque et à l’or, et elle devient la plus belle part de l’objet. C’est le kintsugi. William San en a fait une série. Sur des carreaux de céramique émaillée bleu et blanc, la porcelaine que le Japon et l’Europe se sont échangée et imitée depuis le XVIIe siècle, il fait apparaître une figure, puis fait courir l’or, posé à la main, le long de ses fêlures. Ce qui se brise n’est pas perdu : c’est là que la lumière accroche.